Découverte de la comète C/2026 A1 MAPS
Le programme MAPS (Maury, Attard, Parrott, Signoret) est un programme indépendant de recherche d'astéroïdes géocroiseurs utilisant la technique du suivi synthétique.
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Pour les gens pressés:
- Une comète a été découverte le 13 Janvier par un groupe d'amateurs français utilisant des télescopes au Chili.
- Elle fait partie d'un groupe de comètes dit "groupe de Kreutz" (avec un K comme dans Kamikaze) qui sont issues de la dislocation d'une comète géante qui serait passée très près du soleil en 362 avant JC. Ce sont des comètes qui soient tombent sur le soleil, soit passent très près. Celle là devrait passer à moins de 200000km de la surface du soleil (Imaginez un globe de 1m de diamètre la comète va passer à moins de 14cm de la surface)
- Le satellite européen SOHO a observé des milliers de petites comètes avec les mêmes caracteristiques orbitales qui sont rentrées en collision avec le soleil.
- Ce groupe de comète a donné de nombreuses comètes très brillantes, comme la comète Ikeya Seki en Septembre 1965 qui était visible en plein jour.
- Celle ci, dénommée au départ 6AC4721 a été détectée à 300 millions de km du soleil, et 82 jours avant le passage au plus près du soleil (le périhélie), c'est la première fois qu'une telle comète est découverte aussi tôt laissant le temps pour étudier le développement de la comète alors qu'elle s'approche du soleil et devient de plus en plus active. Le 20 Janvier, le Minor Planet Center a émis la Circulaire électronique B129, officialisant notre comète comme C/2026 A1 MAPS. De son côté le CBAT (Central Bureau of Astronomical Telegrams) a publié la circulaire 5658
- Règle générale: Il ne faut pas tirer de plans sur la comète, il est très difficile de prévoir si cette comète sera brillante ou très brillante (visible à l'œil nu) ou fera un flop total, les comètes sont des objets assez imprévisibles.
Informations générales
Les 4 découvreurs sont astronomes amateurs. C'est à dire qu'ils ne dépendent d'aucune université ou observatoire. Alain Maury est membre de longue date de l'Union Astronomique Internationale (l'UAI qui rassemble tous les astronomes) et il a travaillé comme ingénieur dans plusieurs observatoires (Observatoire de la Côte d'Azur, Observatoire du Mont Palomar en Californie, Observatoire de La Silla, de l'observatoire europeen austral) avant de fonder son propre observatoire à San Pedro de Atacama au Chili, et les 3 autres sont des astronomes amateurs mais informaticiens professionnels, ce qui a permis de développer une suite de logiciels très performante. Georges, Florian et Alain sont membres du GAPRA (Groupement d'Astronomie Populaire de la Région d'Antibes)
Suivi synthétique
Daniel Parrott est l'auteur du logiciel Tycho Tracker et nous avons beaucoup collaboré avec lui au départ, en pratique, il n'a jamais participé aux observations. Il est le co-inventeur de la technique du suivi synthétique, indépendamment de l'équipe du Pr. Michael Shao au Jet Propulsion Laboratory de la NASA.
Sur une image du ciel un astéroïde est un point au même titre qu'une étoile. La technique classique de détection des astéroïdes consiste à prendre le même champ à des temps différents (séparés par exemple de 10 à 20 minutes). Un logiciel analyse ensuite les images en les comparant et les points qui se sont déplacés le long d'une ligne sont des astéroïdes, les étoiles étant fixes. Le problème est que si l'astéroïde se déplace rapidement il ne reste que peu de temps sur le même pixel. La technique du suivi synthétique revient à faire des poses courtes (de façon à ce que l'astéroïde soit encore sur le même pixel durant la pose), puis de faire une addition des différentes poses en décalant les images en fonction du mouvement de l'astéroïde de façon que l'astéroïde reste ponctuel (que toute la lumière de l'astéroïde soit accumulée sur le même pixel). Le problème lorsque on cherche à découvrir des astéroïdes inconnus, on n'a aucune idée de leur vitesse ni de leur direction. On utilise alors une méthode de "brute force" en faisant un grand nombre d'additions avec tous les vecteurs possibles. D'où la nécessité d'avoir de la puissance de calcul. Nous utilisons des cartes graphiques Nvidia RTX3090 avec 10000 processeurs, ce qui permet de gagner des ordres de magnitude en temps de calcul. Faute de moyens nous avons réglé les caractéristiques de Tycho afin de pouvoir traiter les images de 2 télescopes en temps réel, disons que 2x36 poses doivent être calculées en moins de temps qu'il n'en faut pour prendre les images suivantes. Actuellement nous calculons un peu plus de 68000 vecteurs pour chaque série d'images (68000 additions de 36 images de 120 megaoctets)

Le programme a commencé en 2020, et a depuis permis la découverte de 318 astéroïdes géocroiseurs et de 7 comètes. Ce qui en fait le programme européen le plus efficace, et il se place juste derrière les gros programmes de recherche de ce type d'astéroïdes financés par la NASA. A titre d'information, MAPS n'a fonctionné que 10 mois sur l'année (pour cause de panne technique), et a découvert 102 astéroïdes géocroiseurs. En comparaison, le programme de l'Agence Spatiale Européenne en a découvert 3, un autre amateur français (Christophe Demeautis, programme PASTIS) en a également découvert 3, un autre amateur français (Florent Losse) en a découvert 1, et deux autres amateurs français observant depuis le Maroc (Claudine Rinner et Michel Ory) un autre et Georges Attard, avec son télescope personnel en France, 1 également. Au niveau international nous découvrons plus d'astéroïdes géocroiseurs chaque année que de nombreux programmes professionnels, tel que celui de l'observatoire du Mont Palomar (ZTF), de Ginop (Hongrie), Altay (Chine), Purple Mountain (Chine), WFST (télescope de 2.5m chinois).
Chaque mois les 4 télescopes couvrent une grande partie du ciel austral, voici les champs faits entre le 7 Janvier et le 13 Janvier
le trait incliné qui sépare les deux blocs d'observation représente la voie lactée (trop d'étoiles, à éviter). Chaque rectangle représente 36 poses de 30 secondes (chaque pose fait 480 Mo, donc une image représente 17 Go, et donc en une semaine nous traitons dans les 150 champs, soit 2.5 tera octets de données, sans compter les éventuelles images du télescope de confirmation.
Le programme est financé par Alain Maury, mais nous avons reçu deux bourses de la Planetary Society qui nous ont permis d'acheter 4 nouvelles caméras qui vont prochainement rentrer en service.
Parmi les découvertes notables, l'astéroïde 2023DW qui lors de sa découverte possédait une probabilité d'impact avec la Terre non nulle, l'astéroïde 2025OH qui est l'astéroïde géocroiseur avec la plus forte inclinaison (175 degrés sur le plan de l'ecliptique, c'est à dire en fait, incliné de 5 degrés sur le plan du système solaire, mais tournant dans le sens contraire des planètes.
Nous avions découvert 2023DW sans trop se soucier de ce qu'il allait se produire. Une semaine après notre découverte, les serveurs de la NASA et de l'ESA s'étaient rendus compte que cet astéroïde pourrait rentrer en collision avec la Terre dans plusieurs années. A l'époque ça avait fait un peu le buzz, sauf que nous n'avons été que très rarement cités. La grande majorité des pages webs parlant de cet astéroïde parlaient du fait que la NASA avait découvert que cet astéroïde pourrait rentrer en collision avec la Terre. Pour d'autres découvertes faites à l'observatoire de SPACE (San Pedro de Atacama Explorations) nous avions eu le même genre de problèmes et donc pour cette nouvelle comète nous avons préféré perdre un peu de temps pour soigner un peu la communication (d'où cette page).
Et donc, notre dernière découverte est cette nouvelle comète qui pourrait devenir éventuellement brillante pour peut être être visible à l'œil nu d'ici Avril 2026.
Circonstances de la découverte
Les 4 télescopes fonctionnent de manière complètement automatique, grâce notamment à des scripts assez complexes écrits via le programme Prism. Durant la journée les PC de contrôle des télescopes et des caméras sont éteints. Un des PC de traitement d'image "réveille" l'équipement lorsque le soleil est à 5 degrés sous l'horizon. La coupole s'ouvre, les caméras sont refroidies à - 10 degrés, et lorsque le soleil est 15 degrés sous l'horizon (i.e. que le ciel est bien noir) les PC commencent à observer le ciel, en choisissant les champs selon un certain nombre de critères: Que le champ n'ait pas encore été photographié dans les 5 derniers jours, en évitant la voie lactée (trop d'étoiles), et assez loin de la lune si la lune est présente dans le ciel. La monture du télescope pointe sur la zone sélectionnée, la première caméra fait une image courte afin de vérifier la position du télescope sur le ciel, recentre éventuellement, trouve la bonne position de focalisation afin d'avoir des images nettes (la focalisation change en fonction de la température durant la nuit), prend une série de 36 poses de 30 secondes. Durant chaque pose, le petit PC qui contrôle chaque caméra applique un certain nombre de prétraitements, divise l'image par 2 (binning), recentre par rapport à la première image de la série, et envoie le résultat sur un des PC de traitement d'image, qui sont des PCs assez puissants (i9 avec 64Go de RAM et des teraoctets de disque dur, équipés d'une carte GPU -Graphics Processing Unit- RTX3090 de Nvidia).

Une fois que ces PC ont reçu les 36 images, un script lance le programme Tycho-Tracker, qui les analyse et détecte les astéroïdes présents sur les images. Les 4 caméras font des images jointives, ce qui fait qu'un champ mesure 3.3x8.8 degrés (donc en gros 6.5x17 fois la taille de la lune sur le ciel). Ce logiciel est capable de reconnaître les astéroïdes déjà connus (présents dans la base de donnée mpcorb.dat), et un logiciel écrit par Georges et repris par Florian permet de visualiser le mouvement de ces astéroïdes en donnant un certain nombre de caractéristiques de l'objet dont la probabilité qu'il soit un astéroïde géocroiseur, et la qualité de la détection, à savoir si l'objet a toutes les chances d'être réel, une bonne probabilité ou une faible probabilité (donc high medium ou low en anglais). Tout ceci est réalisé de manière autonome.
Les observateurs (donc Georges, Florian et Alain) regardent périodiquement un des PC GPU pour voir ce qui a été découvert au cours de la nuit. En ce moment (été au Chili et hiver en France) il y a un décalage horaire de 4 heures. Alain vit de nuit (allant au lit généralement vers les 8h du matin) et les français (Georges et Florian) se réveillent vers les 7h du matin, soit 3h du matin heure chilienne.
Ce 13 Janvier, le programme tourne comme à l'habitude, Alain réalise des tours astronomiques et ce soir il montre le ciel à un couple d'astronomes amateurs américains qui voulaient un tour privé. En fin de tour, il rentre à la maison, et jette un oeil sur le PC GPU. Il y a deux objets que tycho a détecté en "high unknown". Le second est entouré d'un faible halo qui le distinque d'un astéroïde. Il faut vérifier que ce n'est pas un objet connu, que ce n'est pas un satellite artificiel lointain (nous détectons fréquemment des satellites tels que le James Web Telescope, Spektr, Glenn2, et quelques autres).
Ceci est l'image de découverte, on voit l'objet au centre, et on voit qu'il y a un "halo" autour de cet objet.
Evidemment pour les personnes qui ne sont pas astronomes, cette petite tache floue ne ressemble pas à grand chose, mais si elle avait été plus brillante elle aurait été découverte plus tôt.
Alain écrit sur notre whatsapp, à 1h41
-Je crois que le 4721 est une comète.
A 2h30 (6h30 du matin en France, Georges n'arrive pas à dormir, voudrait se rendormir, mais entend son téléphone beeper
- Waouuu c'est bien diffus, tu as raison
Entre temps Alain a envoyé les mesures de position au MPC (Minor Planet Center), et a lancé un autre télescope (un Celestron 14 Hyperstar) pour confirmer la découverte.
Florian se réveille également tôt, et comme nous n'avons rien découvert d'intéressant depuis le début de l'année, dit à 7h11:
- Salut. Une comète au milieu de la disette ? Ça alors je croise les doigts des mains et des pieds !!
Lorsque l'image du C14 sort, on a bien un point flou, typique d'une comète lointaine. Entre temps le MPC a placé notre 6AC4721 sur la NEOCP (Near Earth Object Confirmation Page) du MPC.
Pourquoi ce nom temporaire ?
Le programme d'acquisition donne un nom temporaire (il en faut bien un) de manière automatique. Donc 6AC4721 s'appelle ainsi parce que:
- 6 parce que nous sommes en 202_6_ le 6 est le dernier chiffre de l'année
- A Janvier, premier mois de l'année (en Février B, Mars C, etc...)
- C pour les programmeurs facile à comprendre, les premiers jours du mois sont 1,2,3...9, puis ensuite on prend les lettres de l'alphabet, donc A serait le 10 Janvier, et C le 12. La comète a été découverte le 13 au petit matin, mais dans la nuit du 12 au 13, donc C
- 4 parce qu'elle a été decouverte avec le 4eme télescope
- 7, parce que c'était le 7eme champ observé cette nuit.
- 2, parce que nous n'utilisons pas les images en format réel (60 megapixels, images de 120 et quelques Mo) mais "binnont" (regroupons 2x2) les images pour que le temps de calcul soit réduit.
- 1, parce que c'est le seul objet nouveau découvert sur ce champ. Au cas, très rare, où nous trouvons 2 objets nouveaux sur le même champ, il y aurait 2 à la place de 1...
Depuis, les éléments orbitaux précis ont été obtenus, et le CBAT a attribué un nom définitif à la comète, donc C/2026 A1 MAPS (A1 pour première comète découverte en dans la première quinzaine de Janvier 2026).
Chaque série d'image donne trois positions à trois instants différents, en fin de nuit, il y a donc 6 points d'observation sur cette objet. La NEOCP permet de créer des éphémérides (tables donnant la position de l'objet dans les heures qui viennent), d'obtenir les observations déjà rapportées sur cet objet, et un calcul de 2000 orbits possibles, passant par ces 6 points d'observations. Avec 2 heures d'observation, il est possible de faire passer un grand nombre d'orbites différentes par ces 6 points. Les orbites du MPC donnent une magnitude absolue de 15.2 et une inclinaison de 130 degrés ce qui est clairement cométaire, mais le calcul en local avec le logiciel findorb donne plutôt une orbite de type astéroïde géocroiseur, ce qui est très fréquent (d'obtenir une orbite cométaire au MPC et une orbite d'astéroïde avec findorb)
Pour information, la magnitude absolue d'un petit corps du système solaire est la magnitude (la "brillance") que l'objet aurait s'il était à 1 unité astronomique de la Terre et 1 unité astronomique du Soleil. Lorsque l'on mesure la magnitude d'un astéroïde il est d'autant plus faible qu'il est loin du soleil (moins éclairé) et loin de la Terre (moins brillant aussi). Plus la magnitude est élevée plus l'objet est faible. L'oeil nu voit dans les meilleures conditions jusqu'à la magnitude 6, il y a un facteur de 100 au niveau éclat, donc un astéroïde de magnitude 16 est 10000 fois plus faible que ce que l'on peut voir à l'œil nu. Donc par calcul on trouve la magnitude qu'il aurait s'il était dans ces conditions standards, ce qui permet d'avoir une idée de la brillance réelle de l'objet indépendamment de sa distance au soleil et à la Terre. Aujourd'hui il est très rare de découvrir un astéroïde de magnitude plus brillant que 18 (il n'y en a eu que 2 découverts en 2025, sur plus de 3000 astéroïdes géocroiseurs découverts). Les comètes, possédant une "atmosphère" (le gaz émis par la comète) sont apparemment plus brillantes que les astéroïdes. Donc une magnitude de 15 nous dit que si le calcul d'orbite du MPC est bon, il s'agit bien d'une comète.
Il faut 6 chiffres pour déterminer mathématiquement l'orbite d'une comète. Un de ces 6 chiffres est l'inclinaison de l'objet par rapport à l'écliptique (la plan du système solaire). En général, les astéroïdes sauf cas exceptionnels ont des inclinaisons inférieures à 30 degrés, et les orbites du MPC sur notre comète tournent autour de 130 degrés pour les orbites préliminaires mais avec beaucoup de fluctuations. Nous sommes quand même assez sûrs qu'il s'agit bien d'une nouvelle comète donc Alain envoie un rapport d'activité cométaire au MPC vers 2h20, décrivant l'objet.
Alain va donc au lit sans avoir la confirmation du fait qu'il s'agit d'une comète ou non. Il envoie néanmoins un message à Daniel Green, du CBAT (Central Bureau of Astronomical Telegrams) annonçant notre découverte et en demandant que lorsqu'elle sera "officialisée" elle soit nommée MAPS du nom de notre programme, vu que c'est un travail collectif.
Le lendemain (le 13 dans la journée) la comète a été confirmée par d'autres observateurs et le MPC a déplacé notre comète de la NEOCP à la PCCP (Possible Comet Confirmation Page). Mais comme avec toutes les découvertes récentes il est impossible de calculer précisément l'orbite de l'objet, donc sa visibilité dans le futur, et ce encore plus lorsqu'il s'agit d'une comète vu que chaque comète est un peu différente, il leur arrive de soit "s'éteindre", en disparaissant à cause de la proximité du soleil, soit au contraire d'exploser et de devenir nettement plus brillante. D'où l'expression française de "ne pas tirer de plans sur la comète".
Mais c'est la 8ème comète découverte par notre programme, donc nous sommes tous les trois bien contents.
Le 14 dans la nuit, Alain utilise le télescope de 40cm appartenant à Joaquin Fabrega, un astronome amateur panaméen pour faire une heure de pose sur la comète. Il y a en pratique 60 poses de 1 minute, recentrées sur le mouvement de la comète (comme la comète se déplace dans le ciel, les étoiles sont filées).
Bien d'autres observations vont être faites par d'autres observateurs dans le monde ce qui va permettre d'affiner les éléments orbitaux. Assez rapidement, d'une part l'inclinaison arrive vers les 144 degrés, y compris avec findorb :), et cette valeur n'est pas indifférente.
Via Whatsapp, Jean François Soulier, un ami de Alain lui signale que sur la mailing list des comètes (une liste de courrier destinée aux observateurs de comètes) plusieurs personnes signalent que cet objet est vraisemblablement une comète du groupe de Kreutz
Le 20 Janvier, les circulaires officialisant la découverte sont publiées.
Le groupe de Kreutz
Dans le passé un certain nombre de comètes brillantes sont apparues, et certaines avaient pratiquement les mêmes éléments orbitaux. D'où l'idée que ce sont des fragments d'une comète géante qui serait passée en 362 avant JC proche du soleil et se serait disloquée, et ces "débris" passeraient proches du soleil. Ce sont en fait des comètes Kamikaze, qui si elles ne tombent pas sur le soleil, passent tellement près qu'elles disparaissent, "fondant" à cause de la température très élevées. Certaines de ces comètes ont été extrêmement brillantes, certains visibles en plein jour telle la comète Ikeya Seki (C/1965 S1) en 1965. Le satellite européen Soho lancé en 1993 a par ailleurs observé plus de 5000 cometes tombant sur le soleil ou passant très près dont beaucoup appartiennent au groupe de Kreutz. Cette courte video (en anglais) est très intéressante. A 1minute 50, il y a une animation du système solaire, où l'on voit que la majorité des comètes tombant sur le soleil sont des comètes du groupe de Kreutz (le flot de comètes dessinées en rouge provenant du coin en bas à droite de la vidéo). Une liste complète des comètes du groupe de Kreutz (la plupart sont de toutes petites comètes détectées lors de leur chute sur le soleil par le satellite SOHO) est ici.
L'orbite est probablement celle là (les éléments orbitaux ne sont pas encore 100% stables, mais c'est très proche (merci à l'équipe de la Catalina survey)
Si vous êtes férus de comètes et n'avez pas peur d'y passer du temps, il y a un article très complet, 21 pages en anglais, de Zdenek Sekanina sur les comètes du groupe de Kreutz, dont il est l'expert reconnu.
Normalement ces comètes sont découvertes alors qu'elles sont très près du soleil. La nôtre a été découverte à plus de 2 UA (Unité astronomique, i.e. c'est à dire la distance terre soleil, soit dans notre cas, plus de 300 millions de km de la Terre) et donc nous avons 3 mois d'observation avant son passage au four :) (solaire).
Page écrite le 17 Janvier au matin. Nous en sommes là, c'est certainement notre découverte qui a de bonnes chances de devenir bien brillante, mais il est difficile de le savoir. Si les éléments orbitaux sont suffisamment corrects, elle pourrait être assez brillante (visible à l'oeil nu?) vers la fin Mars, au crépuscule, sauf que... la lune sera bien présente. Nous croisons les doigts, cette page sera mise à jour en fonction des observations obtenues.
Alain Maury
PS : Il existe déjà plusieurs pages sur facebook, sur X et youtube parlant de cette comète. Personne ne peut affirmer que la comète sera spectaculaire, mais tous ont la possibilité de dire que c'est une découverte réalisée par des astronomes independants/amateurs, mais peu le font.
PS2 : Si vous croisez Avi Loeb, prière de lui expliquer qu'il s'agit d'une comète et pas d'un vaisseau extraterrestre venant reprendre du fuel sur le soleil :)
PS3 : Le 19 Janvier, je viens de m'amuser à calculer des éphémérides avec findorb, en utilisant les 117 observations déjà réalisées (merci à tous ceux qui ont contribué). Normalement findorb donne les valeurs de distance au soleil et à la Terre en UA (unité astronomique), mais quand la distance est trop faible, directement en km. Donc le 4 Avril à 15hTU, la comète devrait passer à 887322 km du centre du soleil. Le rayon du soleil vaut 696350km, donc la comète devrait passer à 191000km de la surface du soleil. Si elle survit, on pourra l'appeler MAPS Gyver :)
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